Voici le PS que je comptais mettre en commentaire de l’émission sur Facebook : après quelques hésitations j’ai préféré poster ce commentaire sur Facebook plutôt que sur le site de France Culture, pas évident d’avoir deux espaces pour les commentaires, mais c’est un autre sujet... Sauf que le commentaire est trop long pour rentrer sur Facebook, d’où ce billet.

Je voudrais revenir sur le terme "stabilité" employé pour caractériser la période 2002-2004 au niveau des navigateurs. Il s'agirait plutôt d'une période de glaciation (et je ne parle même pas de la façon dont Internet Explorer s'est retrouvé seul). En effet, le logiciel de Microsoft n’a pas du tout évolué pendant ces années. Certes cela a facilité le travail des développeurs mais à quel prix pour les utilisateurs ? Rappelez-vous des popups qui s’ouvraient dans tous les sens, des failles de sécurité non corrigées par Microsoft, des chevaux de Troie cachés dans les composants ActiveX, etc. L’arrivée de Firefox a redonné de l’air à ce secteur grâce à la navigation par onglets, le blocage des popups indésirables, les mises à jours de sécurités fréquentes, la possibilités de personnaliser le thème de l’application et surtout un respect des standards du W3C (je me limite aux principales fonctionnalités de la version 1). Aujourd’hui Microsoft a suivi le mouvement et tout le monde bénéficie de l’arrivée de Firefox, soit directement en l’utilisant, soit de façon indirecte car les autres navigateurs se sont alignés sur ces fonctionnalités devenues des standards. L'histoire des navigateurs mériterait une Place de la Toile spéciale tellement il y a à dire, avec Tristan Nitot (voir son fameux Standblog) de la fondation Mozilla Europe bien entendu ;-).

Par ailleurs, je voudrais signaler que la séparation de la forme et du contenu permet une grande souplesse graphique, il n’y a qu’à voir le site Zengarden pour s’en convaincre. De plus l’attrait des technologies de type Flash au niveau du graphisme se paye par une dépendance totale à l’éditeur et une inégalité devant l’accès à l’information. D’où l’importance d’avoir des standards ouverts utilisés par tout le monde car la tentation des éditeurs de s’approprier le net est forte (voir le livre de Jonathan Zittrain, The Future of the Internet – And How to Stop It.

Un dernier point pour les curieux non initiés, la fluidité des pages actuelles est due (outre l'amélioration du matériel) à l’intégration de technologies dites AJAX dans les sites. Cela permet, pour aller vite, de mettre à jour uniquement un morceau de la page sans avoir à tout redemander au serveur, d’où un gain de temps et une amélioration du ressenti de l’utilisateur.