Bribes de révolution numérique

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dimanche 22 février 2009

La semaine prise de net

Voici une semaine animée et agitée sur Internet à propos d'Internet...

Première partie, les droits d'auteur

Deuxième partie, le filtrage d'Internet

  • On connaissait déjà les listes noires
  • Voici venu le temps des listes blanches, on n'arrête pas le progrès
  • Réponse en deux temps sur le Standblog, et , les commentaires valent aussi le coup d'être lu
  • Voir aussi ce billet

Troisième partie, Facebook modifie ses conditions générales d'utilisation et revient en arrière le temps de trouver une meilleur formule. Cette rebellion bienvenue démontre une nouvelle fois le pouvoir que peuvent avoir les internautes.

Et un dernier pour la route, la fibre optique ne sert à rien, sauf à pirater. C'est m'sieur Billaut qui doit être content... PCInpact a lieu la brillante idée de lancer un Vivendithon pour aider ces braves gens.

lundi 26 janvier 2009

Voleur peut-être mais sûrement clairvoyant

Dans ce livre écrit en 2002, Laurent Chemla faisait preuve d'une clairvoyance assez étonnante. Voici quelques extraits qui sont d'une troublante actualité...

Sur la musique en ligne et le téléchargement

Dans le chapite l'invention du téléporteur

Il leur sera nécessaire de réapprendre un métier de sélection, de classement et d'aide à la création pour offrir aux artistes et à leur public une valeur ajoutée qui ne dépendra plus de leur seule puissance commerciale.

Nous assistons peut-être à la fin des industries dont le seul rôle était de médiatiser un contenu sans autre talent que la puissance financière. Pour survivre, elles devront offrir bien davantage car dorénavant, avec l'Internet, l'auteur dispose de tous les moyens de sa propre médiatisation.

Dans le chapitre la fin des dinosaures

Affirmer que le piratage va empêcher toute création, c'est faire preuve, au choix, d'un grand humour ou d'une certaine malhonnêteté. Le MP3 n'est pas dangereux pour les artistes, en revanche l'Internet et la libre diffusion de la musique par ses créateurs sont une véritable menace pour l'industrie du disque.

Sur la dangerosité d'Internet

Dans le chapitre Liberté, égalité, responsabilité

Et d'ailleurs, les récents événements l'ont bien montré puisque, selon nos gouvernements et sans qu'aucune preuve n'en ait été fournie, c'est bien sur Internet qu'ont été préparés les attentats du 11 septembre 2001. On imagine mal, en effet, que de telles horreurs puissent se passer sans qu'il en soit la cause! Le téléphone, le fax, le papier, les cutters, les avions et les chaussures n'ayant eu aucune part dans ces opérations suicides, c'est évident

Pourtant, l'Internet a ceci de particulier que, lorsqu'on y constate un délit, on cherche systématiquement un intermédiaire technique capable d'y mettre fin, sans jugement, sans garantie des droits de celui ou celle que l'on souhaite faire taire.

Sur l'identité numérique

Les participants aux forums de discussion s'inquiètent souvent que, des années plus tard, n'importe qui et, notamment, des employeurs potentiels puissent retrouver la trace de leurs écrits. Cette inquiétude est légitime, même si une entreprise n'a légalement pas le droit de faire de discrimination à l'embauche en se fondant sur les opinions d'un candidat. Mais on n'empêche pas une infraction en refusant d'assumer ses responsabilités. Ce n'est pas parce que vous utiliserez un pseudonyme que vous combattrez le comportement de l'employeur qui fouille votre passé politique avant de signer votre contrat. Et je ne suis pas sûr que vous aimeriez travailler pour lui, même si vous vous êtes protégé contre une éventuelle discrimination. Il me semble au contraire que c'est en assumant vos propos que vous gagnerez le droit de vivre dans une société plus juste.

Assumer la responsabilité de ses opinions et éviter d'avoir à subir un préjudice illégal parce que l'on assume ses idées sont deux problèmes distincts. Si Renaud Camus (l'auteur de La Campagne de France dont certains passages antisémites ont déclenché une vive polémique au printemps 2000) venait un jour me demander de l'embaucher, je refuserais certainement d'accorder plus qu'un regard outragé à son curriculum vitae. Il ne fait aucun doute non plus que, assumant mes responsabilités, je lui dirai pourquoi je rejette sa candidature. Et il va de soi, qu'il aurait dès lors parfaitement le droit de me poursuivre en justice. Est-ce une raison pour que Renaud Camus cesse de publier ses opinions? Est-ce une raison pour qu'il le fasse caché derrière un vrai prête-nom dont on suppose qu'il ne risquera jamais d'avoir à chercher un job? Je ne vais pas me faire que des amis avec ce livre, c'est certain. Peut-être devrais-je le publier sous un pseudonyme pour ne pas avoir à dissimuler mes opinions devant mes proches? Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre, dans un monde où il faudrait se cacher pour parler de peur d'avoir à assumer? Risquer qu'on vous renvoie un jour votre passé public à la figure, c'est une responsabilité énorme dont il faut prendre conscience quand on pianote sur son clavier

Sur le contrôle du réseau

Nous avons donc créé l'Association des utilisateurs de l'Internet qui, dès ses débuts, s'est retrouvée confrontée à un texte de loi rédigé par François Fillon, alors ministre de la Communication, et qui prétendait créer un «Conseil supérieur de l'Internet» chargé, déjà, de dicter aux intermédiaires les filtres à appliquer, les sites à censurer, les contenus à effacer.

En langage non administratif, le Conseil reconnaissait par ces mots que l'accès à un nouveau moyen d'expression devait être garanti par l'État et que ce dernier ne pouvait pas déléguer à un organisme administratif le soin de faire appliquer le droit dans ce domaine sans aucun encadrement garantissant la liberté d'expression de tous et dans le seul respect des lois existantes.

Dans le chapitre gouverner c'est bâillonner

Bien sûr, nul ne peut imaginer une seule seconde qu'un terroriste puisse se connecter directement à l'étranger (même l'Afghanistan dispose du téléphone) pour échapper aux contraintes mises en place par les fournisseurs d'accès français. Nul ne peut penser qu'un terroriste ira envoyer ses messages du premier cybercafé venu ou, à l'instar des responsables des attentats du 11 septembre 2001, d'une bibliothèque publique. Personne ne conçoit non plus qu'ils iront connecter leurs ordinateurs portables à la première cabine téléphonique venue alors qu'il est si facile de le faire de leur domicile et d'être fichés.

samedi 24 janvier 2009

Quelques liens suite au Midem

Le Midem et son pendant numérique le MidemNet ont entrainé pas mal d'article, voici un échantillon...

La série d'articles sur rue89 :

Au Figaro, la musique numérique dépassera le CD en 2013 et l'industrie musicale face au pari numérique.

Et aussi les FAI interpellés par la Sacem pour financer la création musicale et musique en ligne : l'offre légale croît, le piratage aussi.

Voir aussi le Dialog du 21 janvier 2009 sur la fin des DRM avec une interview de Pascal Nègre.

Et puis enfin un mission pour lutter contre le piratage. A quand une mission pour imposer l'interopérabilité et la qualité du son pour la musique numérique ?

mercredi 7 janvier 2009

2009 commence bien pour la musique en ligne

Voici beaucoup de bonnes nouvelles dans le domaine de la musique en ligne :

Décidément on dirait que ça bouge dans le bon sens :-). Alors on ne s'étendra pas sur les dernières péripéties de la RIAA ni sur Hadopi !

samedi 13 décembre 2008

C'est déjà ça

Vu ces derniers jours sur 01Net, les concerts de Raphaël sur clé USB et Paulo Coelho qui dit du bien du piratage des livres. Dans la même veine, Apple arrêterait les DRM

C'est agréable de voir ce genre d'actualité en ces temps d'HADOPI. Combien de temps allons-nous devoir attendre pour voir se multiplier les nouveaux usages (légaux) que rend possible la numérisation de la culture ? Des petits pas dans la bonne direction, c'est déjà ça.

dimanche 20 juillet 2008

Musique numérique, les acteurs

Le projet de loi Hadopi est sous les feux de la rampe.

Deux émissions récentes de France Culture, place de la toile et science publique m'ont permis d'identifier quelques acteurs de ce sujet brulant. Voici une liste qui s'enrichira au fil du temps.

MAJ 18/12/2008 : La liste est désormais mise àjour dans la page spécifique.

dimanche 29 juin 2008

Question prématurée sur la musique dématérialisée

Un beau jour, bientôt j'espère, nous pourrons acheter (presque) toute la musique que nous voudrons au format électronique sans perte de qualité et sans DRM. Alors voila la question, si je veux revendre ces fichiers d'occasion (le terme est techniquement impropre mais pratiquement compréhensible), pourrais-je le faire sur eBay comme je revends mes vieux CD ? Est-ce que ce sera légal ? Est-ce que je deviendrais alors un mini disquaire ? Si oui, les vendeurs habituels devront se démarquer par de nouveaux services.

MAJ le 15/12/2008 : C'est parti avec Bopadoo

vendredi 13 juin 2008

Téléchargement et cannabis

Le téléchargement (non autorisé) et le cannabis ont au moins deux points communs. Ils sont bien sur interdits et passibles de poursuites plus ou moins graves. Ils sont également (ou ont été) pratiqués par une part très importante de la population (la plus jeune). Pourquoi ces personnes se complaisent-elles dans l'illégalité ? La France si fière de sa démocratie mépriserait-t-elle ses propres lois ? A mon avis la réponse est très simple mais pas simpliste. Pour la simplicité, nos élites feignent d'ignorer la réalité. Cette dernière ne leur est pas inconnue, ils sont abreuvés de rapports permettant de la comprendre sous toutes ses coutures. Mais alors pourquoi feindre ? Là ça devient complexe. Peut-être par conservatisme électoral, la peur de perdre des voix. Peut-être par conservatisme social, jusque-là la société était organisée comme ça. Peut-être par conservatisme intellectuel, les jeunes ont toujours testé les limites. Peut-être par manque de courage politique. Peut-être en continuant des décisions absurdes au sens de Christian Morel. Que sais-je encore.

Le livre récent de Jean-Christophe Lagarde (dont je n'avais pas aimé le lâchage de Bayrou l'année dernière) aborde le sujet de la légalisation de la drogue. Je ne sais pas ce qu'il pense du téléchargement mais voila un peu de nouveauté. Je ne vais pas refaire le débat sur les drogue ici mais oui le cannabis est une drogue, tout comme l'alcool. Alors vendons du cannabis avec les taux de THC indiqués, comme le degré d'alcool sur les bouteilles. Contrôlons aussi les débit de cannabis comme les débit des boissons. Les beuveries ont lieu tout comme la fumette, messieurs les politiques ne soyez pas des autruches ! La légalisation aurait par ailleurs des aspects économiques intéressants. Au-delà de la création d'emploi, cela permettra d'encaisser un peu plus de TVA en ces temps de disette budgétaire :-) !

En ce qui concerne le téléchargement, je ne sais pas combien de lecteurs MP3 ont été vendu depuis cinq ans mais je pense que ça doit être impressionnant (sans compter les téléphones compatibles). Au sein de ces baladeurs, un infime pourcentage de titres acquis légalement. La situation est aussi ubuesque que de vendre des voitures en interdisant l'essence ! Je rêve d'un débat enflammé à l'assemblée nationale portant sur le meilleur moyen de propager le FLAC dans la société...

dimanche 25 mai 2008

Musique sur Internet, encore un effort

Napster et Audiogalaxy permettaient déjà de télécharger de la musique sur Internet en 2000, la plupart du temps de façon non autorisée. Nous sommes en 2008, on peut télécharger légalement de la musique sans perte de qualité sonore, par exemple Long Road Out Of Eden, le dernier album des Eagles au format FLAC. Malheureusement on trouve peu d'albums connus commercialisés de cette façon. Techniquement, rien n'empêche les ayant droits au sens large de proposer ce genre d'offre.

Je ne sais pas trop ce qu'ils attendent car de toute façon, ce mode de commercialisation est l'avenir. Napster propose aujourd'hui 6 millions de titres sans DRM, les autres plateformes devront s'aligner, même iTunes. Après les DRM en moins on aura les systèmes d'abonnement en plus. En gros cela reviendra à des pseudo licences globales par distributeur. Dommage de ne pas l'avoir fait directement il y a quelques années... En attendant, les anciens réflexes persistent et les ventes baissent.

De leur côté, certains artistes jouent le jeu, comme Coldplay qui propose un titre de son dernier album en MP3 et Nine Inch Nails qui distribue son dernier album sans DRM aux formats MP3, FLAC qualité CD, FLAC haute qualité, M4A, Wave haute qualité.